La question des populations nomades doit donner lieu à une distinction importante. Il ne faut ni confondre ni amalgamer deux communautés qui appellent une réponse politique qui doit être différenciée.
Les gens du voyage sont des citoyens français. Ils ont fait le choix d’avoir comme habitat une caravane afin de perdurer leurs origines nomades mais ce sont des nationaux de notre Etat qui doivent faire l’objet d’une politique liée à leur statut de citoyen français. En revanche, tel n’est pas le cas des roms qui sont des étrangers qui bénéficient et usent de la libre circulation en vigueur dans l’espace de l’union européenne. La question des roms est un problème d’immigration et il faut rappeler que chez eux, ils étaient sédentaires. Or la difficulté aujourd’hui consiste à concilier le respect de la politique européenne de libre circulation et la prérogative de l’Etat d’assurer la tranquillité et la sécurité publique sur son territoire. La complexité vient du fait que dès qu’ils sont reconduits chez eux, ils reviennent aussitôt. La solution doit être trouvée dans leur pays d’origine et dans cet objectif l’Union européenne doit jouer un rôle à mon avis déterminant en assurant une politique commune de gestion des communautés roms.
Les faits de délinquance rencontrés dans le Loir-et-Cher relèvent du droit commun. Malgré la réelle volonté politique de la grande majorité des maires de mettre en place des aires d’accueil pour les communes de plus de 5 000 habitants conformément à la loi ; l’absence d’aires encore à ce jour peut trouver plusieurs explications. Aujourd’hui, 20 000 places ont été créées sur les 42 000 prévues mais combien de communes ou intercommunalités n’ont pu être dans les temps, notamment celles embourbées dans des procédures de recours administratifs ? C’est pourquoi la création d’aires d’accueil doit se poursuivre. Par ailleurs il est une réalité qui se fait sentir quotidiennement : la loi BESSON a 10 ans et elle doit être adaptée aux évolutions sociales. Notamment, nous constatons une quasi sédentarisation des gens du voyage, voire une sédentarisation définitive en raison principalement du vieillissement et de l’allongement de la durée de la vie, or ce volet n’est pas prévu dans la loi. Les gens du voyage qui désirent se poser acquièrent ou louent une parcelle de terrain mais aussitôt après apparaissent de nombreuses problématiques (accès à l’eau, à l’électricité …) qui ne trouvent aujourd’hui aucune réponse dans la loi.
La commission nationale consultative des gens du voyage devra réfléchir rapidement sur l’accès au droit, l’augmentation significative de la création de nouvelles aires d’accueil, l’introduction des terrains familiaux dans la loi et enfin, une meilleure prise en compte des grands passages.

2 commentaires:
Tu parles très bien et tu as raison dans l'article de Presse O
Oui merci Isabelle de bien faire la différence entre ces deux communautés, il est important de rapeller que les Gens du Voyage sont des citoyens francais et donc ils ont des devoirs et aussi des droits !
Ce qui est arrivée à St Aignan, aurait put arriver avec n'importe quelle communauté
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