Lors de la disparition d'une personne je sais l'importance pour la famille de se retrouver dans l'intimité. Il n'est alors pas facile de décider d'évoquer un décès dans un article.
Je le fais aujourd'hui avec l'accord de sa fille Anne que je connais bien.
Je le fais pour lui rendre hommage et pour soutenir son combat.
Je le fais emprunte de respect et d'une très sincère amitié.
Car si j'ai choisi d'évoquer le décès de Michelle Rivet sur ce blog, c'est parce qu'il est lié à un dramatique et inadmissible scandale, celui du Médiator.
Depuis plusieurs années Michelle Rivet souffrait de difficultés cardiaques, le 20 octobre elle a succombé à un arrêt. Pendant 6 ans elle a pris du Médiator pour des traces de diabète. En 2005 elle était opérée d'une valvulopathie. Pour son cardiologue pas de doute ses problèmes cardiaques sont liés à la prise du médicament.
Michelle Rivet engage une procédure dès la révélation du scandale. Elle veut se battre, elle est déterminée à faire reconnaître la culpabilité des laboratoires Servier et à obtenir réparation. Elle devient alors le dossier n°212 dans l'association des victimes du Médiator. Elle est résolue à se rendre à Paris s'il le faut pour faire reconnaître le préjudice des victimes du Médiator.
Elle n'en aura pas le temps.
Aujourd'hui sa fille est plus déterminée que jamais à obtenir la condamnation des laboratoires qui ont commercialisé le Médiator.
Michelle Rivet est malheureusement le visage concret des désastres du Médiator. Son décès est aussi le reflet de ces médicaments qui tuent.
Suite à ce dramatique scandale le Gouvernement veut revoir tout le système français de sécurité sanitaire du médicament.
Le projet de loi relatif au renforcement de la sécurité du médicament et des produits de santé est présenté à l'Assemblée nationale le 1er août 2011.
Loin de se limiter à quelques ajustements, le texte entreprend une réforme en profondeur du système français de sécurité sanitaire. Le climat est clairement celui du plus jamais le Médiator.
Le projet de loi entend assurer la transparence et l'indépendance totales du dispositif de sécurité du médicament.
Il assure l'entière transparence des relations entre les laboratoires, les entreprises fabriquant ou commercialisant des médicaments et dispositifs médicaux, les professionnels de santé et l'ensemble des personnes intervenant dans le domaine de la santé.
Il modifie le fonctionnement et l'organisation de l'agence française de sécurité du médicament. Il renforce ses prérogatives, lui donne les moyens d'une véritable expertise des produits de santé efficace et transparente. Les modalités d'attribution des autorisations de mise sur le marché (AMM) et des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) sont revues pour en renforcer l'efficience et la sécurité.
Le médicament sera désormais suivi tout au long de sa vie et régulièrement réévalué.
Une mesure a fait l'objet de nombreux débats au cours des discussions parlementaires : elle instaure l'expérimentation d'une visite médicale collective à l'hôpital dans la perspective d'une réforme générale de la visite médicale. Le but est d'empêcher toute possibilité de connivence entre les professionnels de santé et les laboratoires.
Le texte était en discussion au Sénat mercredi et jeudi derniers.
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