lundi 10 octobre 2011

6 octobre : 2ème journée nationale des aidants, une réforme mise en suspens et des familles dont les besoins ne cessent de croitre en silence

Les aidants bénévoles sont un maillon indispensable de l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie, or  rien n'a encore été modifié concernant leur statut.

A ce jour ce sont 3,5 millions de personnes en France qui s'occupent bénévolement d'un proche malade ou âgé en situation de perte d'autonomie. Bien souvent il s'agit de membres de la famille, conjoint, enfants. Les liens du sang poussent au dépassement de soi, mais il est de la responsabilité des pouvoirs politiques de soutenir cette aide indispensable, et d'alléger les contraintes qui pèsent sur elle.



3,5 millions de personnes qui ont besoin d'un appui des pouvoirs publics pour assurer efficacement leur mission d'aide. 3,5 millions de personnes qu'il ne faut pas oublier de prendre en compte sous prétexte que le lien familial s'exprimera même sans soutien de la société. Car avons nous les moyens aujourd'hui, sans ces aidants bénévoles, d'assurer un quotidien décent et sécurisé aux 1,5 millions de personnes dépendantes en France ? Certainement pas.
 
Comment répondre à ces besoins alors que la réforme de la dépendance est mise en suspens ? Quels recours pour les élus soucieux d'assurer aux personnes dépendantes et à leur famille tout l'accompagnement et l'écoute que nécessite leur situation ?
Les aidants bénévoles sont confrontés à des charges difficiles à assumer et pouvant avoir des conséquences lourdes sur leur vie personnelle.
L'aide à une personne dépendante nécessite une disponibilité permanente et une présence assidue. Dans ces conditions comment concilier vie professionnelle, vie familiale et soutien à un proche en situation de dépendance ?

S'y ajoute l'obligation de s'adapter à un stress permanent et d'assurer une vigilance constante. Les situations provoquées par les pathologies à l'origine de la dépendance, telles que les fuites liées à la perte de mémoire, les risques de blessures et de chute, sont le quotidien des aidants.

Les efforts doivent porter sur les structures de repli qui sont de deux types : l'accueil de jour et l'hébergement temporaire. Il s'agit d'en développer le nombre, de garantir la qualité de l'accueil, des services et des soins, d'augmenter les places disponibles et d'assurer un maillage territorial efficace, prenant en compte les difficultés de transport liées à la dépendance physique.
Un autre axe d'exercice des politiques publiques doit concerner l'information et l'accompagnement des familles, car nombreux sont les aidants qui avouent avoir psychologiquement des réticences à utiliser ces structures. Le placement temporaire de leur proche en structure d'accueil fait naitre chez eux un sentiment de culpabilité. Or le temps qui est ainsi libéré est fondamental pour ménager la vie sociale des aidants, et préserver leur propre santé physique et psychologique.
S'ajoute une difficulté pratique concernant le reste à charge encore trop élevé pour un grand nombre de famille.

En attendant une politique nationale volontariste et efficiente, c'est au plus proche de ces familles, sur nos territoires locaux que nous essayons de faciliter le quotidien des aidants tout en veillant à assurer une vie décente aux personnes dépendantes.
C'est l'engagement que nous tentons d'assumer, dans la mesure de nos moyens et prérogatives.
Je suis pour ma part très attachée à ces questions d'accompagnement des personnes en perte d'autonomie.

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